Interview de Cécile Duquenne

Duquenne_photo_HD-creditAujourd’hui est un jour un peu spécial sur le blog de Bookeen. En effet, nous avons la chance d’accueillir une invitée de marque puisque Cécile Duquenne  est parmi nous !

Pour ceux qui ne la connaissent pas (encore), Cécile Duquenne est née en 1988. Elle se définit comme une « Auteur amateur de fantasy, fantastique et jeunesse, elle est également libraire en dilettante, doctorante en japonais la plupart du temps, pirate de l’espace dans ses rêves les plus fous et sorcière à Poudlard dans une réalité alternative. Elle aime les sushis, la couleur rouge et le thé sans sucre, par contre elle déteste la betterave, l’hypocrisie, et le café mal fait ».

C’est également l’auteur de la série Les Foulards rouges, dont le premier épisode de la saison 2 sort très prochainement ! Si vous souhaitez découvrir l’univers steampunk très original de Cécile, vous pouvez lire gratuitement le tout premier épisode des Foulards Rouges (qui fait également partie des œuvres Bragelonne offertes sur le Cybook Muse) ou vous lancer dans l‘intégrale de la saison 1.

Place à l’auteur !

Bonjour Cécile !

Bonjour, bonjour ! 🙂

foulards rouges saison 2Le premier chapitre de la deuxième saison des Foulards Rouges est l’ebook le plus précommandé du Bookeen Store ! Peux-tu nous présenter cette série, dont la suite sera disponible dès le 24 juin ?

Avec plaisir ! Foulards Rouges, c’est un western et un space opera au départ, mais c’est surtout une uchronie qui se déroule en 2003 dans un univers alternatif, où l’apparition de la magie au début du 19e siècle a complètement refaçonné l’évolution moderne de notre société : au lieu de coloniser sa propre planète, l’humanité est partie coloniser l’espace dès 1880… Outre ce contexte, c’est au départ l’histoire d’une femme, Lara Carax, qui devient à moitié folle sur une planète prison nommée Bagne. Tous les « habitants » de cette « charmante » planète où il fait 40°C à l’ombre les jours les plus frais ont commis un crime grave. Entre l’environnement hostile et la population locale, le chaos le plus total aurait pu régner, sauf qu’un certain Capitan a réussi à unifier un bout de territoire et fait régner sa loi. Une loi écrite dans le sang, et la poudre, grâce au soutien (presque) sans failles des Foulards Rouges, sa milice armée. Lara a de la chance, puisqu’elle en fait partie, et son quotidien se partage donc entre survie et chasse à l’homme. Elle est donc en quelque sorte la geôlière de sa propre prison, un paradoxe auquel elle goûte peu… tout change le jour où l’un des hommes de main du Capitan vient lui proposer l’impensable : une évasion.

Impossible ne faisant pas partie du vocabulaire des Foulards Rouges, ils vont donc tenter de s’évader… autour de ce fil conducteur se développent les différentes histoires personnelles des personnages, ni entièrement bons ni vraiment mauvais.

Ça, c’est la première saison. Je ne vais pas vous en dire plus sur les événements, seulement vous donner un  aperçu de l’évolution du personnage principal : Lara Carax apparaît au début comme une femme forte. Très vite, le lecteur s’aperçoit que ce n’est qu’un masque… elle est surtout complètement dépendante de son employeur, le Capitan, et ne doit sa survie qu’à la générosité de son patron et sa réputation d’as de la gâchette (qui, elle, n’est pas usurpée). Les événements se précipitent après la proposition d’évasion et, peu à peu, Lara va s’éloigner des frontières de la folie, retrouver en partie son indépendance, et devenir la vraie femme forte qu’elle était censée être au départ. En cela, j’ai voulu casser l’image de la nana solitaire et hyper forte qui survit dans un monde d’hommes et de violence. Je ne voulais pas qu’elle soit forte d’entrée de jeu. Je la voulais faible pour la faire évoluer. En plus de l’évasion, c’est cette transformation que la saison 1 des Foulards Rouges raconte.

Quels sont les genres et les titres qui nourrissent ton écriture ?

C’est probablement paradoxal et inattendu comme réponse, mais je me nourris surtout des supports télévisuels ! Je lis énormément, mais quand je réfléchis aux œuvres qui m’ont inspirée et qui influencent mon écriture, il ne me vient jamais de roman ou d’auteur en particulier, toujours des séries TV et des scénaristes. ^^ C’est peut-être pour ça qu’on qualifie mon écriture de « visuelle »…

Pour les Foulards Rouges, je répondrais donc sans hésiter le space-western Firefly, de Josh Whedon : si vous ne connaissez pas, que vous aimez le space-opera et le western, précipitez-vous dessus ! Il n’y a qu’une saison, et un film qui la clôture, mais c’est une merveille. Le rythme, les personnages qui composent l’équipage du « Serenity classe Firefly » (c’est un vaisseau !), l’univers, les ambiances… tout est travaillé, hyper bien écrit et mis en scène, un régal !
L’idée des Foulards Rouges m’est venue suite au premier visionnage de cette série. C’était il y a pas mal d’années, maintenant… mon univers n’a rien à voir avec Firefly, si ce n’est qu’il s’agit d’un western et d’un space-opera avec une légère touche orientale dans la philosophie de vie (presque tous mes personnages sont bouddhistes, par exemple).

Bien évidemment, il y a eu des romans qui ont marqué mon parcours d’écrivain… si je devais n’en citer qu’un, ce serait la saga Harry Potter (je triche, ça fait 7 ^^). C’est grâce à cette saga que je me suis mise à écrire, en commençant par les (parfois très décriées) fanfictions sur fanfiction.net. Au bout de quelques années, j’ai eu fait le tour de cet univers, et j’ai eu envie de créer les miens…

La forme en feuilleton impacte-t-elle la manière dont tu construis ton récit ?

Oui, absolument !foulards rouges s1

Tout d’abord, il s’agit d’un mode de diffusion : un chapitre à intervalles réguliers implique que le lecteur s’attend à chaque fois à un récit avec un apport équilibré et satisfaisant en suspens, informations, action, etc. Il s’agit donc de doser soigneusement ces éléments dans la manière dont le récit global les amène, afin de ne pas le décevoir, ni trop le frustrer. Concrètement, pour moi, cela signifie créer des épisodes qui soient à la fois complets en eux-mêmes, mais qui se suivent et forment un tout cohérent qui puisse être lu tout à la suite également… un art délicat, en somme !

De plus, il s’agit de respecter un calibrage précis pour la taille des épisodes, et donc un rythme intrinsèque à chacun, et qui s’inscrive de manière logique dans le déroulement des épisodes entre eux.

Pour éviter d’être à côté de la plaque, j’utilise ce que l’on appelle la méthode du séquençage : autrement dit, je construis précisément mes épisodes en amont du premier jet, avec le découpage des scènes et des extraits de dialogue notamment, en inscrivant pour chaque scène : 1/ un objectif clair vis-à-vis des enjeux de l’intrigue ; 2/ un point de vue précis pour l’empathie ; 3/un rôle dans l’enjeu intrinsèque à l’épisode. Le plus souvent, dans les Foulards, mes points de vue alternent entre Lara et Renaud, même si des personnages différents prennent de temps en temps la parole. Ces sauts hors du point de vue de mes deux principaux permettent de donner un souffle à mon intrigue, et d’éviter qu’elle soit trop resserrée : il se passe en effet énormément de choses, y compris des événements que le lecteur ne voit pas se dérouler, mais qui seront connues des personnages par la suite. Ajouter des points de vue différents permet de mieux gérer l’impression que le lecteur se fait du temps qui passe (et donc, de la crédibilité de l’intrigue).

J’avais rédigé un article très complet à ce sujet sur mon blog, et même si j’ai résumé ici l’essentiel, il est disponible à la lecture ici.

Quel personnage as-tu le plus de plaisir à écrire ?

Ouh la la… dure question ! Je vais me limiter aux Foulards Rouges, histoire de ne pas hésiter 150 ans ^^

J’aurais bien répondu Lara, mais même si je l’adore, c’est quand même une sacrée tête de mule, et ce n’est pas toujours évident de lui faire accomplir ce qui est prévu pour elle. J’aime énormément travailler sur le personnage de Renaud aussi, mais il n’est pas évident non plus à mettre en scène, car traversé d’innombrables doutes, et je dois toujours être très attentive aux détails avec lui, du fait de son passé extrêmement mouvementé. Du coup… je crois que je vais répondre Claudia J C’est un personnage secondaire, mais trèèèès important sur le long terme ; elle a un rôle de fond capital pour l’intrigue (vous découvrirez lequel en lisant les trois saisons ;-)). Je l’adore et la préfère à tous les autres parce qu’elle a un côté frais et innocent qui permet de me tourner vers des thématiques plus lumineuses. Un peu comme elle, quoi. Claudia est très douce, mais battante. Elle est humaine et pleine de bons sentiments et, surtout, elle a tendance à faire confiance à son prochain. Elle rêve d’un royaume du vivre-ensemble. C’est une optimiste acharnée… et j’aime ça chez elle !

Si tu avais un ebook à faire découvrir au Bookeeneurs, ce serait lequel ?

vanessa fratSans hésiter, la saga de science-fiction Les Enfants de l’Ô de Vanessa du Frat. Si vous recherchez une approche réaliste et poussée de la psychologie des personnages, une science-fiction ancrée dans le réel, des paradoxes et des voyages temporels, et que vous êtes féru de manipulations génétiques et d’énoooormes complots qui ne soient pas tirés par les cheveux, cette saga est faite pour vous !

Le tome 3 paraît le 10 juillet prochain en numérique, et il s’annonce extraordinaire. Les tomes 1 et 2 étaient déjà géniaux, et c’est monté en puissance à la fin du 2… sincèrement, je n’en peux plus d’attendre la suite ! Quand je pense que ça va être pareil à la fin du tome 3… heureusement, le 4 paraît à la fin de l’année si tout va bien J

Merci beaucoup !

Merci à toi, et aux lecteurs de Bookeen ! A très bientôt !

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