David Forrest : l’interview de Bookeenstore

DavidForrest-petitJournaliste spécialisé dans les loisirs audiovisuels (jeux vidéo, cinéma, séries…), David Forrest s’impose dès 2011 comme un des premiers auteurs 2.0 made in France, grâce au formidable succès de son premier roman numérique, En Série – journal d’un tueur. Geek revendiqué, il ne se cantonne pas à un unique genre et réussit à imposer son style nerveux et son humour grinçant dans chacune de ses histoires, qu’elle verse dans l’horreur, le fantastique, la science-fiction ou le thriller.

Bonjour David,

Peux-tu nous présenter ton nouveau roman, Comme neige, disponible depuis le 16 octobre ?

comme neige David ForrestBonjour !

Comme neige, c’est ce que j’appelle un roman pop-corn. Un divertissement où on s’amuse à se faire peur, plus proche des films d’horreur hollywoodiens que de la littérature blanche. Vraiment beaucoup plus proche ! Ce n’est pas pour rien, d’ailleurs, que le roman est sorti un peu avant Halloween, on est en plein dans le thème. Vous prenez un décor angoissant et menaçant – à savoir un sommet des Alpes en pleine tempête, des personnages proches de l’archétype – du moins de prime abord, vous ajoutez un ennemi redoutable, des scènes spectaculaires, un zeste de gore, un rythme soutenu… et vous devriez avoir une bonne idée de ce qui vous attend.

J’ai voulu jouer avec les codes et toutes sortes de références de la série B, tout en les prenant un peu à contrepied. En jonglant avec les clichés pour mieux les déconstruire, en introduisant une menace différente des slashers et autres monstres habituels au genre.  Mais c’est aussi un voyage un peu dérangeant dans les tréfonds de la nature humaine. Ça fait peut-être un peu pompeux de dire ça, mais c’est un peu nietzschéen. Vous savez,  » Si tu plonges longtemps ton regard dans l’abîme, l’abîme te regarde aussi ». Sauf qu’ici, c’est un sommet des Alpes, pas un gouffre sans fond.

Tu es connu pour tes thrillers et tes ambiances inquiétantes et prenantes. Qu’aimes-tu dans ces genres ?

Le pire, je crois, quand on raconte une histoire, c’est d’ennuyer le lecteur. On en revient aux mêmes principes que pour le cinéma : il ne faut pas lui laisser de répit, le plonger dans l’histoire du premier chapitre jusqu’au mot « fin ». Et surtout lui procurer de l’émotion. C’est peut-être pour ça que j’apprécie les ambiances tendues, exacerbées. Tout le monde aime se faire peur ! C’est d’autant plus vrai, je crois, dans un livre. Quand on est installé confortablement, bien au chaud, un bouquin ou une liseuse en main, en sécurité. C’est presque schizophrène, ce contraste, non ? C’est peut-être pour ça qu’on adore tant s’amuser à frissonner. Alors autant ne pas décevoir le lecteur et y aller à fond.

Petite confidence pour les Bookeeneurs : es-tu en train de travailler sur un nouveau roman ? Si oui, tu peux nous en parler ?

Sans en dire trop, je suis sur plusieurs fronts en même temps. La fin de la trilogie entamée chez Bragelonne avec Légion et Prométhium ; une novella d’horreur bien glauque, terminée, mais que je garde pour plus tard ; un feuilleton dont le premier jet est terminé, sur lequel je veux revenir tranquillement à l’occasion, histoire de le peaufiner. Et il y a aussi un autre thriller en gestation. Mais c’est encore tôt pour en parler… même si je vous avoue que j’ai hâte de m’y plonger pour de bon.

En série David forrestPeux-tu nous parler de ce que représente pour toi le livre numérique ?

C’est le livre numérique qui m’a permis de rencontrer le public, donc il a forcément une place à part.  Mais dans l’absolu, je n’aime pas faire la distinction entre papier et liseuses. Après tout, ce qui importe, c’est plus ce que raconte le livre que sa forme, non ? On dit bien que l’habit ne fait pas le moine, qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture… alors pourquoi le faire en opposant papier et liseuses ?

Et puis, d’un côté plus pratique, concrètement, étant un assez gros lecteur,  je suis bien content de pouvoir trimballer mon immense pile à lire sans me péter une vertèbre à cause du poids qu’elle représenterait en papier.

Quels sont les livres et les auteurs qui t’inspirent en tant qu’auteur et te passionnent en tant que lecteur ?

Vous avez deux-trois jours devant vous ? Parce que la liste serait longue… sans pour autant être exhaustive !

Je vais peut-être vous étonner, mais je suis assez peu friand de polars et de thrillers. Je suis surtout un grand lecteur d’horreur et de S-F.  Mais j’aime picorer dans tous les styles…

Pêle-mêle, je citerai Asimov et son cycle des robots pour cet inégalable cocktail d’humour, d’intelligence et d’émotion, Stephen King pour sa puissance narrative, Bernard Werber parce que le souvenir de nos discussions, il y a des années de cela, a entretenu mon envie de me lancer dans l’écriture. Et pour son génial Les Thanatonautes. Mais aussi Frank Herbert pour ses mondes fous, mystiques et uniques, Clive Barker qui sait si bien vous mettre mal à l’aise comme personne, le regretté Frédéric Dard pour son inimitable gouaille… Je pourrais continuer comme cela des heures…

lovecraftQuel est ton livre préféré ? Peux-tu nous le présenter ?

C’est encore plus vache que la précédente, comme question ! Je vais un peu biaiser en ne citant pas un livre mais l’œuvre complète d’un auteur que je n’ai pas cité plus tôt (j’avoue, j’ai un peu triché en connaissance de cause, pour ne pas griller toutes mes cartouches). Howard Philip Lovecraft. Un génie de l’horreur, sans qui l’épouvante ne serait pas la même, aujourd’hui, dans les romans, le cinéma, la BD… Mais c’est surtout une plume extraordinaire. Si vous lisez l’anglais, je ne peux que vous conseiller de le lire en version originale. Lovecraft, ce n’est pas qu’un auteur, c’est aussi un formidable compositeur, avec des mots à la place des notes. Il y a une musicalité extraordinaire dans ses textes. Mais les versions françaises sont bien aussi, donc n’hésitez pas. Vous parliez plus tôt d’ambiances inquiétantes et prenantes, c’est de cela que j’essaye de m’inspirer, en exploitant aussi le texte comme une bande-son. Je crois que si vous écoutez le livre audio de mon premier roman, En Série – Journal d’un tueur, lu par un excellent comédien qui m’a bien fichu les chocottes, vous devriez facilement voir l’idée… Enfin, l’entendre, plutôt.

Merci beaucoup !

Merci à vous et excellent Halloween à tous. Profitez-en bien, mais n’oubliez pas de jeter de temps en temps un œil par-dessus votre épaule. On ne sait jamais quelle abomination peut vous avoir choisi comme proie pour célébrer les morts à sa façon…

Retrouvez David Forrest sur Twitter, Facebook ou sur son blog !

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