Henri Duboc : l’interview de Bookeenstore

Cette semaine, découvrez l’interview de l’auteur de Dieu 2.0 avant de le rencontrer le jeudi 16 juin 2016 sur Paris ! Inscrivez-vous vite au Bookeen Café, les places sont limitées !

Bookeen Café - henri duboc

 Interview d’Henri Duboc

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Henri Duboc

Bonjour Henri,

Pouvez-vous nous présenter votre Triptyque, Dieu 2.0 ?

Dieu 2.0 est une fresque d‘anticipation qui se passe en 2053 : le monde est pacifié, pollué, totalement drogué au web, les terriens ne savent même plus rentrer chez eux sans GPS. Seul refuge face à cette addiction, Vatican 3 ! C’est l’Eglise geek qui cartonne, qui vous dit la messe par smartphone interposé, assure des enterrements… holographiques. A la tête de l’Eglise, une superbe et redoutable Souveraine Pontife mère de quatre enfants. La guerre va vite être déclarée avec l’Évêque de Paris, un fou furieux qui utilise le numérique comme un outil de domination … Au milieu, Gabriel, géant du web qui à l’inventé le « Facebook des morts », va travailler de concert avec un pirate informatique insaisissable pour contrer le prêtre. Une fois ce décor posé, l’intrigue emmène le lecteur dans des problématiques d’actualités telles que l’immortalité numérique, la place de la femme dans les cultes, le fanatisme religieux… Ce roman, pas policier mais presque, est bourré de contre-pieds : il y a une bonne dose d’aventures, et derrière, une critique avec humour des torts du monde moderne aussi bien que de la religion… Vous voulez visiter des mondes où Dieu a été remplacé par les avocats?  Ou des mondes où les prêtres sont des scientifiques bons à enfermer qui font régner la terreur ? C’est aussi épouvantable qu’amusant !

dieu 20Qu’affectionnez-vous particulièrement dans l’écriture de romans d’anticipation ?

Avant tout j’adore piocher à la fois dans notre actualité et dans mes connaissances scientifiques et médicales en me posant cette question : « quelle tête tout cela aura dans le futur ? » en le traitant avec un angle décalé, et ça permet de romancer des préoccupations actuelles de société, des questions que se pose forcément le lecteur, pour rendre l’histoire encore plus crédible : du coup il passe son temps à se dire « et si c’était vrai ? », en le projetant dans son propre quotidien. Cela crée une atmosphère qui permet une adhésion profonde à tout l’univers crée dans le livre, le lecteur à l’ impression de se voir évoluer lui-même dans ce futur.

Quels sont pour vous les ingrédients indispensables d’un bon roman ?

D’abord l’imagination. Trouver des choses que le lecteur n‘a jamais lues, jamais imaginées, et les présenter dans le livre le plus naturellement du monde.  Exemple : je crée un monde des écrans, sans papier… je suis donc obligé de réfléchir aux modes de contrebande, pour produire du papier maison… Alors comment imprimer des bouquins en cachette ? Un bon resquilleur aura son élevage de poulpes pour l’encre, quelques serres de papyrus, une presse.. mais une fois crée un détail comme celui-là, plutôt que de le laisser à l’état de description, il faut en faire une clef, pour la suite de l’intrigue. Ensuite  je n’ai qu’une seule obsession : faire en sorte que le lecteur passe un bon moment, je n’écris jamais pour moi mais pour les autres.

hyperionQuels sont les livres et auteurs qui vous inspirent en tant qu’écrivain et vous passionnent en tant que lecteur ?

A partir du moment où j’ai passé un bon moment de lecture, ça peut être une bonne BD aussi bien que des écrits d’académiciens…  Asimov et le cycle fondation, Edgar Poe… en BD je pense à Dieu en personne de Marc Antoine Mathieu, Le chat du Rabbin, qui sont dans mes étagères avec les biographies de Pasteur et de Le Nôtre par Erik Orsenna . Peu importe le style, le dessin… ces livres sont des bijoux. En BD, le dessin est là pour sublimer l’intrigue, chez Orsenna, c’est le Verbe qui s’en charge.

Quel est votre livre préféré ? Pouvez-vous nous le présenter et nous dire pourquoi il est aussi spécial à vos yeux ?

Incontestablement Hypérion, de Dan Simmons. J’ai 12 ans, je suis tellement mauvais en orthographe que je fais baisser la moyenne de la classe, l’école m’a dégoûté de la lecture, et voilà qu’un ami de mes parents m’offre ce pavé. Je me dis « Merci bien pour le cadeau ». Je l’ouvre , et je lis… impossible de décrocher. Des émotions profondes, des mondes sublimes… je relisais sans cesse les dernières pages pour ne pas le terminer. J’y ai découvert le pouvoir des livres, leur capacité à nous transporter ailleurs en un « claquement de lignes ». Dan Simmons lui-même ne savait pas où il allait en l’écrivant, il nous ballade dans des univers fabuleux, des personnages attachants alors même que très ambigus. Comment arrivait-il à faire aimer des personnages si étranges ? Ce livre m’a initié, m’a débloqué, et ensuite m’à littéralement permis de lire de tout, avec bonheur.

 

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