#BookeenCafé SF : Découvrez Alex Nikolavitch !

Le jeudi 15 juin 2017, l’équipe Bookeen vous invite à rencontrer vos auteurs de Science-Fiction préférés lors de notre prochain Bookeen Café SF au Dernier Bar avant la Fin du Monde !

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Cette semaine, rencontrez Alex Nikolavitch, auteur du roman L’île de Peter qui vient tout juste de sortir aux éditions Les Moutons Électriques. Nous avons réalisé cette interview en collaboration avec VendrediLecture, saurez-vous reconnaître leurs questions ? 😉

Interview d’Alex Nikolavitch

Bonjour Alex,

Peux-tu nous parler de ton nouveau roman L’île de Peter ?

nikolavitchIl s’agit d’une variation (une de plus, je sais) sur Peter Pan et son petit univers. Ce que j’ai voulu faire, dans ce roman, c’est réinterpréter toute cette mythologie dans une perspective un peu chamanique. Il y a des sorciers indiens bizarres, dans les îles des Caraïbes, il y a du vaudou… Et si l’île imaginaire était née de ça ? Et si elle se situait dans le Temps du Rêve des chamanes ? J’ai débobiné cette idée-là. Et puis j’avais envie de donner la parole à des personnages qu’on n’entend pas beaucoup, comme Monsieur Mouche. Il m’a toujours semblé intéressant, pas tout à fait à sa place sur un navire pirate, et assez maltraité et par le récit, et par les autres personnages. J’avais envie de voir ce qu’il avait à nous dire, le point de vue qu’il jetait sur tout ça.

Tu es écrivain mais aussi scénariste de bandes dessinées. Ton activité de scénariste influence-t-elle ton écriture, tes histoires, tes personnages ?

Oui, parce que je pense en termes très visuels, du coup, et non parce que l’écriture de roman me permet justement d’aller sur des terrains qui ne sont pas ceux de la BD. L’écriture BD est essentiellement comportementaliste : le lecteur accède aux personnages par leurs paroles et leur comportement. Le roman permet de donner plus facilement à voir leur intériorité. La BD le permet aussi, mais par le truchement de pavés de textes en voix-off, qui sont parfaits dans certains contextes, comme le polar, par exemple, mais exigent une mécanique narrative différente en termes de « personnages point de vue ». Le roman est plus souple, de ce côté-là.

Qu’affectionnes-tu particulièrement dans l’écriture de romans de Science-Fiction ?

La « liberté contrainte ». Le roman est en soi un espace de liberté pure, on n’y est limité que par sa propre maîtrise de l’outil narratif. Mais pour pas que ce soit le foutoir, il faut s’autoencadrer. Un roman de SF demande de la rigueur dans sa construction d’univers, dans sa logique interne. Si j’explique en début de roman que telle chose est rigoureusement impossible, je peux bâtir tout le roman sur la violation de cette impossibilité, mais j’ai intérêt à avoir une bonne explication derrière.

Après, L’île de Peter se rapproche plus de la fantasy urbaine que de la SF, mais l’exigence est un peu la même. Le coup du « c’est magique » n’est pas une explication en soi. On peut traiter sérieusement la magie, c’est un domaine qui, tout comme la science, a ses règles et ses points aveugles, il faut qu’elle soit cohérente, parce que pour les gens qui y croient, c’est un système cohérent. C’était d’ailleurs un des thèmes d’Eschatôn, mon précédent roman, qui pour le coup était de la SF (même si ça ne se voyait pas forcément au premier abord).

eschaton

Quels sont pour toi les ingrédients indispensables d’un bon roman de Science-Fiction ?

Aucune idée. Pour qu’un roman de SF me plaise, je vois très bien, mais pour qu’il soit bon, je ne sais pas. Je peux me passionner pour des trucs objectivement pas terribles mais qui vont m’emporter, ou voir des classiques me tomber des mains. Mon critère, c’est que le bouquin me fasse voyager ou me retourne la tête. La SF est une littérature qui produit du concept, et qui teste les limites. La bonne SF va m’ouvrir à des choses auxquelles je n’aurais pas pensé.

Quels sont les auteurs et les livres qui t’inspirent et t’influencent en tant qu’écrivain ?

Y a plein de trucs. Ma cervelle, c’est une tambouille dans laquelle se retrouvent des auteurs de BD, des romanciers, mais aussi des sources bizarres. Je vais aller piocher dans des vieux trucs, pas forcément de la fiction, d’ailleurs. L’argument de mon prochain roman, par exemple, je l’ai trouvé dans une phrase de la préface moderne d’un texte médiéval. Comme je lisais dans le bus, et que je lis vite, j’ai saisi la phrase au vol… et fait un gros contresens. Mais c’était trop tard, l’idée avait germé, et quand je me suis aperçu que j’avais fait dire à cette phrase un truc qu’elle ne disait pas du tout, ça n’avait plus d’importance, elle avait fait naître une histoire qui me semblait intéressante et m’avait mis sur tout un tas de pistes fascinantes.

Après, en remettant le nez dans des romans de SF lus à l’adolescence (ça m’est encore arrivé récemment) je me suis aperçu que des idées, des mots, des concepts avaient fini par échouer dans mon propre travail sans que je m’en rende compte. Un nom venu de tel roman, un autre venu de telle BD, une idée technologique saisie au vol et réinventée, etc.

As-tu d’autres projets d’écriture en cours ? Si oui, peux-tu nous en parler ?

Un nouveau roman, cette fois-ci dans un contexte arthurien. Et une biographie en BD d’H.P. Lovecraft, qui doit sortir en fin d’année. Et d’autres choses dont je ne peux pas encore parler, que ce soit en roman ou en BD.

Quel est ton livre préféré ? Peux-tu nous le présenter et nous dire pourquoi il est aussi spécial à tes yeux ?

J’en ai plein. Mais s’il faut vraiment en sélectionner un, alors disons le Rubayat, d’Omar Khayyam. C’est un recueil de courts poèmes, des quatrains dont une bonne partie est apocryphe, d’ailleurs, écrits par un mathématicien, astronome et alcoolique notoire qui vivait en Perse il y a quelque chose comme mille ans. L’intelligence s’y mêle à la sensibilité, et c’est quelque chose qui, malgré son côté fataliste et dépressif, a tendance à me réparer l’âme. Après, comme c’est une traduction du persan, on peut tomber sur des versions plus ou moins belles. Ma préférée (je dois en avoir six ou sept chez moi), ça reste celle de Franz Toussaint, qui date des années 20.

Quelle est ta lecture du moment ? Sera-t-elle la même vendredi prochain ?

le royaumeJ’ai toujours plusieurs lectures en cours, en fait.
En ce moment :
Le royaume, d’Emmanuel Carrère, une réflexion sur le christianisme et ses origines.
Cosmos Privé, de Philip José Farmer, un roman de SF et d’aventure à l’ancienne.
J’ai remis le nez dans le Roman de Renart.
Et dans le cadre de mes recherches pour mon prochain bouquin, plusieurs trucs sur les anciens royaumes celtiques, le mythe arthurien et la fin de l’empire romain.
Du coup, y en aura forcément un ou deux dans le tas sur lequel je serai encore vendredi prochain. Et j’en aurai probablement entamé d’autres. Comme Les Murs de la Terre, la suite de Cosmos Privé, ou des Edgar Rice Burroughs, j’ai envie de remettre le nez dans cet auteur.

Tous les mardis, nous demandons à nos lecteurs de partager leur #MardiConseil. Pour les tiens : quel(s) auteur(s) t’inspire(nt) et quelle(s) lecture(s) t’a/ont le plus marqué ?

Y en a plein ! Trop ! Mais un auteur dans lequel je remets souvent le nez, ces temps-ci, c’est Omar Khayyam, dont les quatrains ont le don de me réparer l’âme. Dans la traduction de Franz Toussaint, en général, qui est celle qui me sonne le mieux à l’oreille.
Après, je relis pas mal John Brunner, en ce moment. Un auteur d’anticipation assez visionnaire qui évoquait déjà des problèmes de vie privée sur les réseaux et de greenwashing, pour ne citer que ça, au début des années 70.

Quel est ton moment/jour de la semaine privilégié pour lire et/ou écrire ?

Pour lire : dans les transports, et sinon le soir tard, quand personne ne peut venir me déranger.
Pour écrire, plutôt le matin, tôt, quand j’ai la cervelle en forme.

Chaque lundi, nous posons #LaPetiteQuestionDuLundi, souvent insolite, à nos lecteurs. En voici une qui a récemment eu beaucoup de succès : avec quel auteur ou personnage souhaiterais-tu être coincé dans un ascenseur et pourquoi ?

Comme auteur, probablement Umberto Eco.
Comme personnage, Nausicaa aux bras blanc. Si j’en crois le vieil Homère, elle s’y entendait à agrémenter ces moments de solitude partagée.

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Envie d’en savoir plus ? Alors venez rencontrer Alex Nikolavitch au Bookeen Café, le 15 juin prochain au Dernier Bar avant la Fin du Monde de Paris ! 🙂

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2 réflexions sur “#BookeenCafé SF : Découvrez Alex Nikolavitch !

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