Roznarho : l’interview de Bookeenstore

Cette semaine, les Editions de l’Homme Sans Nom sont à l’honneur sur Bookeenstore ! A cette occasion, vous trouverez une sélection de nos titres coups de cœur, ainsi qu’une promotion spéciale 3 ebooks pour le prix de 2 jusqu’au 17 septembre sur votre e-librairie. Si vous ne connaissez pas encore cet éditeur, c’est le moment idéal de le découvrir !

Rencontrez, sans plus attendre, Roznarho, auteur de Rêves d’Utica, publié aux Editions de l’Homme Sans Nom !

Interview de Roznarho

Bonjour Roznarho !

Tout d’abord merci de nous accorder quelques instants pour répondre à nos questions !

Peux-tu nous expliquer l’origine et la signification de ton pseudonyme Roznarho ?

Bonjour ! Merci beaucoup pour cette interview ! J’ai pris un nom de plume tout simplement parce que je suis aussi chercheuse. J’avais besoin de différencier mes activités de recherche de mes activités d’écriture, même si les deux sont parfois très perméables. Le choix de prendre un nom de famille, seul, sans prénom, me permettait de changer d’identité, ni féminine, ni masculine. Un caprice asexué de ma part, et qui m’allait très bien, surtout pour écrire de la SF !

Roznarho est un nom breton qui fait référence à mes origines et qui est, pour le compte, à l’opposée des étoiles. Un nom bien ancré dans la terre et qui signifie : « le tombeau » ou « le trésor caché dans la colline », petite référence gothique à mon métier d’archéologue. C’est même d’ailleurs par le mégalithisme que j’ai débuté l’archéologie. Une autre lubie : j’ai changé le « s» en « z », tout simplement parce que c’est une lettre que j’aime beaucoup et que c’est un clin d’œil à ma maman… et aussi à Zorro !

Ton premier roman, Rêves d’Utica, est sorti en août 2016 chez Les Editions de l’Homme Sans Nom. Quelle a été l’origine de ce roman ? Peux-tu nous présenter l’histoire ?

utica

L’idée de départ est assez tortueuse. Je me souviens presque tout le temps de mes rêves et ceux-là sont souvent très réalistes. Une fois, j’ai rêvé d’une fille qui était capable de modifier son environnement par la seule expression de ses émotions, positives ou négatives. Cette idée m’a obsédée pendant près de dix ans, mais je ne me sentais pas légitime pour écrire un roman. J’ai donc beaucoup attendu avant de me lancer ! Le déclic est venu lors d’une mission au Cameroun en 2013, où je me suis dit que c’était l’histoire de ces gens qu’il fallait raconter. Mon mari, Feldrik Rivat, lui-même auteur, m’a beaucoup encouragée… même s’il avait très peur du résultat ! Qu’aurait-il pu me dire s’il avait trouvé le texte complètement nul? Le fait est que cela lui a plu et que c’est même lui qui l’a présenté à son propre éditeur.

Ainsi sont nées les aventures d’Alyss, une ado un peu particulière qui peut saisir des bribes de futurs potentiels à travers ses rêves et ses visions. Nous allons la suivre dans un périple dans une Afrique post-apocalyptique, en quête d’une cité mythique, Utica, berceau d’une nouvelle humanité. J’ai beaucoup de tendresse pour les ados, créatures étranges dotées de supers pouvoirs et qui peuvent croquer le monde sur un simple coup de tête. Mais attention, Utica n’est pas un roman pour adolescent à proprement parler (malgré ce qu’on peut parfois lire sur l’étiquette !). Il faut plutôt le voir comme un conte pour adultes, avec son lot de cynisme et de violence. Il est d’ailleurs possible de le relire plus tard et d’y découvrir des références que les plus jeunes n’auront peut-être pas vues.

Quelle a été ta source d’inspiration pour l’histoire d’Alyss et pour l’univers de ce roman ?

odysséeRêves d’Utica est avant tout un voyage initiatique, ce qui correspondait assez bien à l’idée que je me faisais d’un premier roman ! Dans le genre, L’Odyssée d’Homère est ma grande référence : un voyage à la recherche d’un foyer perdu, une confrontation avec des personnes aux coutumes différentes des siennes et qui remet en question sa propre culture, un questionnement sur ce qui définit notre humanité. Les rencontres de monstres, physiques ou moraux, permettent ce questionnement qui est au cœur de l’évolution d’Alyss. L’utilisation des codes du post-apo, du cyberpunk, du virtuel et du quantique permet tous les hybrides entre l’humain, la machine et l’intelligence artificielle. Les contes sont aussi des voyages initiatiques à part entière, alliant peurs enfantines et rites de passages vers l’âge adulte, voire vers une autre dimension de l’être humain… Ils sont donc présents en clin d’œil dans mon roman. Je suis une passionnée de sciences, quelles qu’elles soient. Pour Utica, j’ai même suivi un cours de robotique et un autre de physique des particules et d’astrophysique pour être au fait des dernières avancées. Aussi, j’ai pu en retirer des parallèles poétiques très étranges, entre mythe et physique.

Pour faire le grand écart avec les sciences futuristes, je suis avant tout archéologue africaniste. Il s’agissait pour moi de parler de l’environnement très concret et de l’histoire de l’Afrique, souvent méconnue voire oblitérée par certains, comme si elle ne commençait qu’à la colonisation ! Chaque étape du long voyage d’Alyss est l’occasion de découvrir ce passé oublié, toutes époques confondues, projeté sur un plan virtuel, pour dérouler une histoire complexe et multiculturelle du continent. Utica est en cela un roman profondément optimiste. J’y traite de sujets terribles, mais même si l’être humain est capable du pire, il est aussi capable du meilleur.

As-tu d’autres projets d’écriture en cours ? Si oui, peux-tu nous en parler ?

En ce moment, je planche sur mon prochain roman, Scarlett, à paraître chez l’Homme Sans Nom également. Il s’agit d’un thriller d’anticipation se déroulant à Johannesburg, ville que je connais pour y avoir passé un peu de temps. Le ton y est complètement décalé, avec mythologie urbaine, guerre des gangs, super héroïne dans la veine pulp des comics et tueur en série, mais pour traiter des sujets plus graves, comme la corruption, la violence urbaine, celle envers les femmes, et aussi le sida. Pour le décalage, pensez à une ambiance entre V pour Vendetta et les Tortues Ninjas. Et il y aura bien des recettes de pizzas.

Je regrette que l’écriture de Scarlett ait pris du retard, mais je m’emploie à la combler, juré ! La cause en est tout simplement que, entre une tournée de plusieurs mois en dédicace, la fin de mon doctorat et mon déménagement, j’ai été un peu débordée ! En parallèle, je suis aussi sur plusieurs articles scientifiques qu’il faut que je termine. D’autres projets de fiction sont également en cours, mais je n’en dis pas plus pour le moment, en attendant de les voir se concrétiser.

Quels sont les auteurs et les livres qui t’inspirent et t’influencent en tant que romancière ?

écume joursMes lectures sont très éclectiques. J’ai une formation en lettres, et particulièrement en lettres classiques, ce qui m’a permis de traduire des textes antiques et de lire des auteurs formidables, parmi lesquels Butor, Camus, Buzzati, Duras, qui m’ont profondément marquée. Je suis une grande fan de Vian, inclassable, parce qu’il oscille entre fantastique et science-fiction désabusée. * Soupir de midinette * Je lis aussi pas mal de poésie, Baudelaire, Saint-John Perse, Apollinaire et Nerval, et de théâtre, souvent de l’absurde, avec Jarry et Ionesco, car j’ai vraiment besoin d’entendre le rythme des mots et des phrases. Cela doit se sentir dans certains passages d’Utica. J’aime aussi lire en VO, notamment Zweig, Süskind et Kafka, toujours pour cette histoire de rythmique très particulière que possède la langue allemande, et pour les constructions des phrases qui créent un effet d’attente et un suspense incroyable, rien que parce que le verbe est rejeté à la fin !

hypérionGlobalement, je suis très fantastique à l’ancienne, Apollinaire, Nerval, Mérimée, Stoker, Shelley, Lewis, Poe, etc. parmi mes préférés. Je lis aussi beaucoup de SF, et le premier roman que j’ai lu a été Le monde vert d’Aldiss (merci maman !), puis j’ai enchaîné avec Asimov, Simmons, Van Vogt, Dick, Gibson, etc. Grandes inspiratrices et qui m’ont servi de modèles féminins pour me lancer dans l’écriture de SF : Laurence Suhner et Catherine Dufour. J’ai pris deux claques en lisant Le goût de l’immortalité. En refermant son livre, je me suis dit que je voulais être comme elle ! Curieusement, je suis beaucoup moins amatrice de fantasy, même si je m’y suis remise grâce à mon mari, Feldrik Rivat, qui m’a réconciliée avec elle grâce à ses propres romans ! Il y a quelques années, j’ai aussi découvert les plumes de Nathalie Dau et d’Estelle Faye, et je ne peux plus m’en passer !

 

oracles

En somme, j’adore les bouquins de vieux bonshommes (presque tous) morts et tombe maintenant en amour avec les romans de mes contemporaines en SF (et vous avez vu, pour elles, je donne leurs prénoms !) Plus le temps avance, plus je me dis que je n’ai encore rien lu ! Les bouquins techniques et les articles scientifiques prennent également une bonne partie de mon temps de lecture. Et je n’ai pas parlé des BD, mangas, comics… On parle de livres, mais je suis aussi très cinéphile, en particulier SF et horreur, ce qui m’inspire beaucoup pour écrire.

Tu t’apprêtes à entreprendre une expédition dans une autre galaxie. Si tu devais n’emmener qu’un seul livre avec toi, lequel choisirais-tu ? Quels personnages fictifs feraient partie de ton expédition ?

Bonne question ! J’hésite entre une méthode Assimil Le Klingon sans peine, histoire de ne pas être trop embêtée une fois rendue là-haut, et une intégrale des textes Apollinaire contenant obligatoirement ses Contes fantastiques, que j’adore. Dans les deux cas, cela promet des heures de lecture et de récitation par cœur.

Qui j’emmène dans mon expédition ? En premier, Indiana Jones. On pourra parler archéologie ensemble et je suis sûre qu’un peu de xénoarchéologie ne lui déplairait pas. Il sera capable traduire les hiéroglyphes extraterrestres en deux heures top chrono. Il a aussi un très grand instinct de survie et sait se sortir de n’importe quelle situation ! Après, j’embarque le major Motoko Kusanagi. Nous aurons besoin d’une fine gâchette en acier inoxydable et à la tête bien faite pour nous protéger. Comme elle réfléchit un peu trop sur qui elle est et d’où elle vient, je pense lui adjoindre son ami Batou pour qu’elle ne déprime pas trop en compagnie d’humains. Enfin, je prendrai Rocket et Groot, en tant qu’experts intergalactiques et réparateurs en tout genre. Ils seront également là pour mettre de l’ambiance. Rien de tel qu’un beau bazar pour pimenter une expédition, non ?

Nous remercions Roznarho d’avoir pris le temps de répondre à nos questions !

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